Prosper sur le toit de l'Epine

Publié le par Vincent

Ce dimanche 28 juin 2015 se tenait la grimpée de l’Epine, épreuve cycliste organisée par le club de Cognin. Cette année, la grimpée fut le support d’un duel homérique entre le Président du BSIC, Christophe PIQUET et Prosper COPAVER.

Notre envoyé spécial s’est rendu sur place pour couvrir l’évènement en rencontrant les deux protagonistes quelques jours avant l’épreuve et le jour même pour relater ce choc des titans qui se tenait sur les vertigineuses pentes du col de l’Epine.


C’était le Jeudi 4 juin. Ce jour là se tenait la dernière réunion « coureurs » du BSIC avant le COMBAT DU SIECLE. C’était donc autour d’un verre d’eau gazeuse et d’une feuille de laitue accompagnée de quelques tomates cerise que le Président Piquet -récent lauréat du grand prix de Culoz- évoquait l’immense rendez-vous qui devait sans doute marquer les annales du sport en répondant à nos questions.

Journaliste : Président Piquet, à moins d’un mois du mach du siècle comment vous sentez-vous ?

CP : J’ai perdu 10 kilos depuis le mois janvier en suivant un régime de moine. Plus de charcuterie, plus fromage, plus de beurre, plus de vin et plus de sexe ! J’ai les joues creuses et suis affuté comme une lame de rasoir ! De profil je suis quasiment invisible.

 

Journaliste : Effectivement les changements sont prodigieux sur la balance, alors que vous n’avez même pas eu à scier un membre pour parvenir à ce résultat ! Pensez-vous encore gagner du poids d’ici le 28 juin ?

CP : Je vais participer au tour du Roannais, course par étapes durant laquelle le BSIC s’impose systématiquement (comme le reste de l’année) une très grande rigueur dans l’hygiène de vie. Hydratation, récupération, concentration rien n’est laissé au hasard. Dans ce cadre aux vertus monacales, je pense encore grappiller quelques grammes !

 

Journaliste : Vous misez également sur un nouveau destrier importé d’outre Rhin ?

CP : Les machines allemandes ont de solides références ! Elles sont fiables et efficaces ! Que ce soit pour perforer les Ardennes ou se hisser en haut d’un col alpin, elles n’ont plus rien à prouver. Sur ce point je pense avoir fait le bon choix pour vaincre.

Journaliste : Vous allez faire fureur avec votre nouvelle machine de guerre !

 

Journaliste : Au niveau de la stratégie, qu’avez-vous prévu ?

CP : Si je suis encore avec Prosper dans le dernier kilomètre, j’envisage de faire parler mon coup de rein…que j’ai d’ailleurs eu l’occasion de travailler dans d’autres circonstances ! (NDLR : il fait un clin d’œil à sa femme visiblement émoustillée) !

 

Journaliste : Président, nous vous remercions pour ces réponses et gageons que le 28 juin, quoiqu’il arrive, de défaite ou de victoire, vous allez broyer du noir ?

CP : Je vous laisse l’entière responsabilité de vos propos postcoloniaux.


Quelques jours après, notre journaliste rencontrait Prosper COPAVER qui lui aussi se prêtait au jeu des questions-réponses.

Journaliste : Serez-vous ponctuel pour ce grand rendez-vous avec l’histoire ?

PC : Ah oui, oui, oui. Je serai bien présent ce dimanche 28 juin à 11H.

 

Journaliste : Prosper, sauf erreur de notre part, le départ est fixé à 10h.

PC : Ah bon ? Mais mon vélo sera encore en révision chez Cycles 73 à cette heure là !

 

Journaliste : Après votre seconde place à Brison Saint Innocent et vos derniers accessits, certains commencent à vous surnommer le Poulidor des îles. Quelle sensation cela fait-il d’être assimilé au plus célèbre des Limousin ?

PC : Et bien comme le disait Pierre DESPROGES, je pense que l'évolution de la pensée présituationiste entre l'école hégélienne et le négativisme de l'infrastructure néo-nietzschéenne a t'elle, consciemment ou non, influencé la carrière de Raymond Poulidor.

Journaliste : Euuuh… Moi y en a pas comprendre toi…

 

Journaliste : Dimanche 28 juin comment allez vous œuvrer pour vaincre ?

PC : Comme à mon habitude, je vais tout miser sur la stratégie, à l’instar de Napoléon !

 

Journaliste : Oui, Napoléon qui ne reculait pas devant les canons, comme tous les St Innois d’ailleurs. Mais au-delà de la stratégie, il faudra tout de même faire parler le physique, comment vous y prendrez-vous pour vous imposer ?

PC : Comme tout le monde le sait, je suis le mieux monté des deux, ou tout du moins je monte le mieux, enfin je veux dire je suis un bon grimpeur. Regardez mes classements dans les dernières montées !

 

Journaliste : Et pour pourtant vous n’avez pas la giclette du Président ?

PC : Oui c’est vrai, mais j’ai d’autres arguments dans le cuissard !

 

Journaliste : Vous pensez à vous jambes sans doute ? Prosper, je vous remercie pour votre interview et bon courage pour le 28 juin.


Nous y voici. Dimanche 28 juin, le combat tant annoncé par tambours et trompettes a-t’il été à la hauteur des espérances ?

 

C’est dans un peloton composé de près de 70 coureurs que nos deux héros ont tenté de conserver leur anonymat. Mais la foule des grands jours ne s’y pas trompé, elle sait reconnaître les deux titans au joues creuses et au regard d’acier qui vont se livrer un terrible duel.

 

Le cadre, tout d’abord. Au carrefour des forces telluriques et célestes, le col de l’Epine magnétise les coureurs qui le parcourent. A la compression du Jura et des Alpes et sous un soleil de plomb, l’infernal théâtre est désormais dressé. La vertigineuse arène chauffée à blanc par une foule en délire est prête à voir l’histoire s’écrire. Le monde du cyclisme retient son souffle.

 

Comme prévu, le Président de Cognin, Gianni ROUGER donne le top départ à 10h, le peloton alors happé vers les cimes s’envole. Dans cet essaim bariolé et virevoltant, le Président et Prosper se marquent à la culotte. A l’entame de replat, ils sont toujours ensemble. Il fait une chaleur harassante et pourtant s’apprête à basculer…

 

A l’entrée de Saint Sulpice, qui sera rebaptisé, pour l’occasion, « Saint Supplice », le Normand perd un mètre, puis deux sur l’homme des Iles qui semble prendre le large. Porté par une houle alpine, Prosper sent ses socquettes aériennes et s’envole avec la grâce d’une galinette cendrée. De son côté, le Président voit un véritable chemin de croix commencé pour lui. Esseulé, le regard perdu, il cherche l’oxygène ou un petit verre de Colombière pour le requinquer, mais rien ni personne ne semblent sensible à sa quête veine.

 

A l’arrivée, le grand Prosper franchi la ligne avec près de 4 min d’avance sur le Président.

 

Ce dimanche 28 juin toute la normandie est deuil. Elle qui croyait tant en son immense champion. L’ascension du col de l’Epine aura donc vu la victoire du Rhum sur le Calva !

Prosper sur le toit de l'Epine

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